une tranquilité hideuse
inonde l'instant
l'horizon disparait doucement
en perdant ses couleurs
le frémissement des grands peupliers
disparaît peu à peu
les toits des maisons du lotissement
s'évaporent
la haie de leylandii s'éfface
je ne distingue même plus la glycine
le vent lui aussi n'ose
plus rien dire
le néant englouti la maison
et j'entends sa voix
sa voix lointaine
qui m'inonde
sa voix
qui faisait taire
jusqu'au silence
cette voix
qui faisait flétrir la nuit
c'est térrible
de s'assoir en face
de soi même
et de rien avoir
à lui dire